valvanuz a écrit:
Analyse tres interessante. Je te propose de repondre au petit questionnaire que j'ai posé dans la bas de la premiere page de ce link.
J'ai déjà quelques réponses assez inatendues....
Ben je le fais avec plaisir et "en live" sans influencer les autres forumistes car je ne pense pas avoir les connaissances pour influencer qui que ce soit en matière aéro, j'ai juste lu les 400 pages
Commencons par le "rigolo"
Météorite, ovni, elvis presley qui fait de d'ulm dans le coin, al quaida ou le front de libération de la patagonie corse...
Le tout à -50
Plus sérieusement je suis incapable de te donner meme mon avis quantifié, je vais donc t'exposer ma théorie
1) L'orage qui fait givrer les pitots : 100% de cause de l'accident (pas d'orage pas de givre, pas de perte d'infos, pas de réaction inappropriée de l'équipage, pas de crash)
2) les pitots qui givrent : 100 % de cause de l'accident (pas de pitots givrés, pas de perte d'infos, pas de réaction inappropirée de l'équipage, pas de crash)
3) La perte d'infos electroniques : 100% de cause de l'accident
4) la réaction inappropriée de l'équipage : 100% de cause de l'accident.
Comme tu le vois je prends volontairement un chemin différent, je suis assez d'accord avec le diagramme de superleon mais pas du tout d'accord avec les légendes notamment sur la partie arrogance des constructeurs et compagnies.
Pour moi cet accident est comme une chaine de dominos et si on prend une approche "froide" et statistique on peut arriver à une définition suivante :
1) Si on prend pour base que 1 million de vols A330-A340 avec sondes thalès "AA"(chiffre arbitraire et surement inférieur à la réalité) ont été effectués entre 2001 (remplacement des sondes rosemount) et maintenant et que 36 incidents SERIEUX ont été répertoriés avec des pitots on arrive à 36 chances sur 1 million, soit 1 chance sur 27778
2) Si on prend pour base que 50% des vols se déroulent de nuit (ca doit etre un peu moins que ca parce que les avions partent et arrivent généralement de jour, mais bon...), ca fait encore 1 chance sur 2
3) Si on prend pour base que 10% des vols passent dans un orage ca fait 9 chances sur 10 de passer HORS de l'orage
4) le plus aléatoire, la "stress attitude" de l'équipage et on va dire que 100% des équipages sont hyper cools, hyper pros et ne font JAMAIS d'erreur donc on, laisse inchangé...
On arrive à 27778*2*9=500000, donc on a 1 chance sur 500 000 d'etre dans une situation "AF 447" ca fait quand meme pas mal un chapeau avec 500 000 papiers dedans dont 1 seul papier active le système de crash "AF447" ET J'AI LAISSE DE COTE LE FACTEUR HUMAIN !!!
Donc l'équipage a été confronté a une situation qui arrive 1 fois sur 500 000, et encore je suis PESSISMISTE PARTOUT parce que pour l'orage c'est surement 99% des vols qui passent à coté de l'orage...
Donc c'est hyper dur de donner des niveaux de responsabilité parce que CHAQUE niveau n'a PAS causé le crash à lui tout seul, mais CHAQUE NIVEAU aurait pu empecher le crash (ca c'est la phrase importante

).
A mon avis il faut plutot essayer de "remonter" que de descendre, je m'explique :
Une fois que les pitots étaient gelés, dans l'orage, de nuit avec l'appareil en alt law et un équipage "nerveux" c'était un peu trop tard pour éviter au mieux une situation dangereuse de type QANTAS (mais sans l'orage et de jour) et au pire ce qui est arrivé.
Pour moi la question principale et celle sur laquelle l'équipage avait un CHOIX DECISIF à faire est plutot de savoir pourquoi ils se sont retrouvés dans cet orage/cb/mésocyclone ?
Perso et en ayant lu le rapport meteo américain avec les photos satellites il est au moins autant incontestable qu'ils étaient en plein dedans que le fait que les pitots ont gelé, s'ils avaient dévié de leur trajectoire ils auraient informé par radio les appareils environnants, meme si on est au milieu de l'atlantique à 11km du sol on est jamais tout seul, les routes aériennes sont bien délimitées, les niveaux de vols sont répertoriés et JAMAIS un pilote ne va dire "tiens je vais faire un détour sans prévenir personne", vous imaginez s'il déboite sous le nez d'un avion qui est sur une route parallèle que lui 5 ou 10m derrière ?
Bien sur tant qu'on en sait rien on ne peut que débattre et conjecturer, mais si je devais "reprocher" quelque chose à l'équipage ca serait bien le fait de s'etre trouvé dans une situation "1 sur 500 000", et moins de ne pas avoir réussi à se sortir de cette situation, parce qu'on ne met pas un avion de ligne dans un "ca passe ou ca casse", si on pilote un spit XIX (habile clin d'oeil) contre un FW190D (ou plus rigolo un Me-262) on peut se mettre dans un "ca passe ou ca casse" mais pas dans un truc avec 220 personnes dedans.
Maintenant je répète que comme on ne sait RIEN il se peut que mes "reproches" (qui en fait sont des questions) n'aient pas lieu d'etre parce que :
1) Le radar MTO était en rade
2) Le CB était invisble, caché par un autre nuage devant ou sans eau dedans donc peu visible au radar...
Si par contre le radar MTO fonctionnait et que l'équipage
1) A mal lu les infos MTO du radar (réglé trop près, ou trop loin, ou trop de gain, ou pas assez...)
2) A bien lu les infos mais à décidé d'y aller quand meme "c'est pas grave ca passera vite, ca va secouer un peu mais rien de bien méchant"
A ce moment la on peut dire que la cause DETERMINANTE de l'accident est l'équipage, et une fois dans le CB/orage/appelez ca comme vous voulez DE TOUTE FACON il était trop tard et ils étaient "passagers" de leur avion, après les pitots ont gelé, ils ont perdu les infos, ont probablement fait une ou plusieurs erreurs de pilotage dues au stress de cette situation EXCEPTIONELLE à laquelle ils n'étaient pas préparés et c'est comme ca que le dernier domino s'est mis en place...
Evidemment la SEULE réponse à mes questions pourrait etre fournies par le CVR et peut etre par le DFDR mais le CVR devrait nous en apprendre BEACUOUP sur la prise de décision "y'a un orage devant nous on passe dedans ou on contourne ?" ou alors sur la surprise "merde on est en plein dans un orage qu'on a pas vu au radar" et comme on est pas sur DU TOUT de retrouver les enregistreurs...on risque de rien savoir pendant longtemps.
Mais bon tout ca pour dire qu'a mon avis on ne peut pas chercher LA cause de l'accident mais LES causes et surtout voir LES choses qui auraient pu interrompre la chute des dominos...