on 31 a écrit:
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Merci à Oculus reparo pour son dernier post , de la qualité des précédents .
Citation:
et bonsoir à on 31 qui anime le débat depuis pas mal de jours et ne récolte malheureusement qu'un dialogue de sourds.
C'est un peu le danger et le principe du "forum" et il faut savoir l'accepter .
Pour en revenir au débat , j'aimerais étayer mes doutes quant à l'indépendance et la transparence de certains dans cette affaire . Le juge Thiel , invité de "mots croisés" hier soir , venu pour marquer son opposition à la disparition du juge d'instruction , a clairement expliqué que dans toutes les histoires économico-politiques , le pouvoir avait bien le pouvoir de retarder certains dossiers voire de les orienter dans le sens de certains intérêts . Ma grande peur dans la suite à venir du crash du 447 est que tout soit fait pour gagner du temps et ainsi diminuer la pression actuelle exercée par les familles et une grande partie de l'opinion publique . Les dernières déclarations d'Arslanian indiquent bien la double stratégie qui semble avoir été retenue dans la gestion de cette affaire , tout d'abord faire trainer le plus possible (12 ou 18 mois minimum) et faire endosser la responsabilité de l'accident aux pilotes qui ne viendront pas se défendre .
Ce qui est choquant et en totale contradiction avec les déclarations précédentes , c'est que l'on est prêt à accuser les pilotes de ne pas avoir été en mesure de gérer une situation précise mais qu'en revanche on nie jusqu'à la possibilité de l'existence de cette même situation et de sa cause première ... très fort !
Mais non cher Giou, il ne faut pas faire une fixette sur la responsabilité des pilotes..... Je veux dire que de toutes façons leur responsabilité est engagée par nature même ; pour le reste c'est la Cie qui est en cause et responsable de la compétence de ses pilotes.
Je ne m'attarderai pas plus longtemps sur les éléments que je viens de résumer, et je renvoie dans ce domaine à cet excellent article d'une Ingénieur Airbus moult fois citée : Joëlle Barthe, dans une présentation de la " BUSS " ( Back Up Speed Scale ), où elle parle en 2007 de cette panne des tubes de Pitot, et où elle en dit que c'est une panne qui pour en être aussi vieille que l'Aviation n'en n'est pas moins grave, et qu'elle est grave en raison de deux éléments :
L'effet de surprise d'une part et le facteur temps qui est crucial d'autre part.
Lesquels éléments de gravité impliquant que les Cies doivent s'attacher à préparer leurs pilotes et à vérifier leur " basic flying skills"
Elle insiste dans son article sur l'impérieuse nécessité pour les pilotes d'être préparés et convenablement entraînés à cette panne, alors même que en dehors des éléments précités, le traitement de la panne est assez simple.
Là encore une séance de simu suffit à le démontrer.
Air France et le SNPL viennent d'en asséner l'humiliante démonstration en annonçant le programme de mise à niveau de ses pilotes !
C'est la preuve éclatante que calme sang froid et " airmanship " ont permis à tous les autres équipages de revenir sans encombre.
L'autre preuve éclatante est bien la note de service d'AF elle aussi publiée à l'envie quelques jours après l'accident qui demandait ( dans la panique ) aux pilotes d'appliquer les C/L d'urgence, dont en cas de doute sur la sécurité du vol, les items conservatoires ( 5° assiette et poussée CLIMB ), et sinon de maintenir les éléments ( encore faut-il en avoir conscience, et là est aussi le problème de la vigilance ).
J'ai lu des commentaires qui prétendaient établir une différence sémantique entre analyse et réquisitoire......
Une question subsidiaire donc : comment établir un réquisitoire s'il n'est pas fondé sur une analyse minutieuse et étayée ? Par ailleurs en quoi est-il interdit d'écrire un réquisitoire ?
S'agissant des familles de victimes que l'on soit bien convaincu que leurs avocats sont assez professionnels pour s'entourer de vraies compétences et de vraies expériences dans de nombreux domaines, et qu'ils savent aussi lire certains post qui sont susceptibles de les éclairer.
Encore que ces post là aient été écrits il y a déjà pas mal de temps ....
Si l'on se rappelle Perpignan et le communiqué d'Airbus on se souvient aussi de sa signification diplomatique : " gaffe à la peinture et aux sondes AOA" et " quand on veut faire des check low speed, on doit le faire à une altitude raisonnable "
Que n'a t-on pas lu alors quand certains disaient ( à juste titre) que la messe était dite ?
Même chose quand il a bien fallu se rendre compte que le MD 83 de Spanair n'avait pas réussi à prendre son envol, alors que sa rotation avait semblé laborieuse, et que seule une mauvaise configuration slats / flaps pouvait expliquer celà , et que les pilotes savent bien que s'il était possible de décoller Flaps 0 sur ce MD 83, cela était impossible slats 0...
Que n'a t-on pas entendu alors, alors même que 21 ans plus tôt et dans des conditions identiques le même accident avait eu lieu et que bien entendu on disposait du rapport d'enquête ?
Certains ici en sont encore à réclamer des preuves que l'avion est bien sorti de son domaine de vol, laissons les dans leurs jus, et avançons !
Un nouvel intervenant nous a dit que les avions ne sont pas conçus pour être rattrapés en dehors du domaine de vol ; soit, mais alors il faut souligner l'extraordinaire importance de l'entraînement à la reconnaissance des phénomènes bien connus et explicites de l'approche des frontières du domaine de vol.
Là encore se situe la responsabilité des Cies dans leurs exigences sur ces compétences.
Je dirais aussi que si je partage bien entendu l'opinion que l'on puisse éprouver un grand plaisir à piloter en manuel ces avions en Normal Law, j'ajouterais aussi qu'il faut être juste et honnête en disant que s'agissant du pitch l'alternate Law est strictement identique : à savoir pilotage en facteur de charge et auto trim actif.
Alors que l'on veuille bien expliquer la difficulté de piloter une assiette et une poussée ( ATHR OFF ) dans ces conditions ? Evidemment il ne se trouvera pas un pilote des séries Fly by wire pour dire le contraire, sauf à se ridiculiser d'avance, et quand bien même le centrage se retrouve très arrière en croisière....
Ce qui me paraît productif aujourd'hui est de se pencher sur l'entraînement des pilotes à la reconnaissance des phénomènes aérodynamiques aux frontières du domaine de vol , ce qui fait partie en fait de ces grandes notions connues sous le nom d' Upsets Recovery.
De comparer les actions dans ces domaines de la FAA et homologues Anglais et Canadiens, et de la DGAC ?