23 février 1917 : Jean-Baptiste Salis est breveté pilote militaire. Il fait ses études à Billon et à l'école Saint-André à Clermont-Ferrand. Sorti de l'école il choisit la mécanique, il apprend à voler en 1912 sur un avion monoplace Libellule Hanriot, à la première école d'aviation d'Aulnat dans la région de Clermont-Ferrand. Il y obtient rapidement le brevet de mécanicien supérieur d'aviation. A la liquidation de l'école, il acquiert la Libellule et continue son entraînement sur le Champ de Mars à Billon.
Il intègre l'école de pilotage militaire de Pau en 1916. Après 18 mois de front, Jean-Baptiste passe dans l'aviation où il est breveté pilote militaire le 23 février 1917 au Camp d'Avord. Nommé moniteur au centre de perfectionnement, il forme de nombreux pilotes qui resteront ses amis.
En tant que pilote d'essais réceptionnaire, il met au point de nombreux avions de série type (Sopwith, Dorand, Nieuport, Breguet, Salmson) ainsi que plusieurs prototypes (Clerget, Hanriot, Salmson, Dupont, etc).
Entre 1919 et 1920 Jean-Baptiste démarche pour récupérer quelques avions démobilisés du surplus de l'Armée, en parallèle la ville de Grenoble lui cède un bout de terrain. Ainsi il pourra réaliser une partie de son rêve. En 1921, il crée les premiers aérodromes alpins (Chambéry, Chamonix) et une école d'aviation en montagne à Grenoble au Canton (près du Pont de Claix) pour des élèves français et suisses. Il est un des pionniers à survoler ainsi régulièrement le Mont-Blanc.
Le 7 janvier 1927, Jean-Baptiste devient le 1er pilote de la Société de Propagande Aéronautique (SPA). Laurent-Eynac, alors sous-secrétaire d'Etat, qui deviendra le premier ministre de l'Air, l'engage comme pilote personnel de son trimoteur Caudron C-61. Après deux années d'entraînement en janvier 1927 Jean-Baptiste crée la première patrouille d'acrobatie au monde "La Patrouille Tricolore", aux côtés d'Alfred Fronval et du lieutenant Charles Robin. Elle comprend trois Morane AI qui décollent, effectuent diverses figures acrobatiques et atterrissent, reliés entre eux par un ruban tricolore.

Fin 1933, il dépose les statuts d'une association, "Les Casques de Cuir", qui sera partiellement reprise par l'Escadrille du Souvenir et l'Amicale Jean-Baptiste Salis. Ses buts sont les suivants : - Etablir entre tous les professionnels et amis de l’aviation de tous les pays, un centre de relations amicales les rapprochant et développant entre eux le sentiment de solidarité universelle, tel qu’il existe chez les gens de mer. - Propager le goût et le sens de l’aviation parmi les foules et plus particulièrement parmi les jeunes, par l’exemple et en leur facilitant la navigation aérienne. - Apporter son appui à tous groupements d’entraide et de secours créés au profit de tous les aviateurs sans exception.
En 1939, à la déclaration de guerre, il est mobilisé le premier jour à Villacoublay, puis mis en affectation spéciale pour diriger l'école qui lui est confiée.
En juin 1940 : occupation de l'aérodrome de Toussus-le-Noble et réquisition des établissements Salis. Une partie du matériel et du stock est enlevée, une autre partie est détruite. Les avions sont sectionnés, les pièces détachées brisées. Parmi ces 32 avions de collections : 3 Blériot, 2 Farman, 3 Morane, 1 Libellule Hanriot, et 2 prototypes J-B. Salis. Entré dans la Résistance, Jean-Baptiste met sa propriété de l’Ardennais, à Cerny, à la disposition du commandement anglais B.O.A.; la piste est alors homologuée sous le "nom de code BINIOU". Elle ne recevra que des parachutages en vue d'équiper la Résistance et préparer un terrain de secours proche de Paris. Pour subsister, il a acheté une scierie à La Ferté-Alais, ce qui lui permet, en tant qu'exploitant forestier de circuler et de faire circuler dans les bois des "bûcherons", ainsi que de défricher les chemins et la piste du futur aérodrome. Il recevra la croix de guerre 1939/45 avec palme et sera nommé chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur à titre militaire.
En 1946, Jean-Baptiste crée un centre de vol à voile en signant le 10 avril avec le ministère des Travaux Publics, des Transports et du Tourisme une convention pour l'utilisation de l'aérodrome afin de former des élèves-pilotes sur avions et planeurs.

1955 : Jean-Baptiste devient le "pilote du souvenir", "l'homme qui fait voler le passé". Il restaure un Blériot XI type Première traversée de la Manche, que les ouvriers de Louis Blériot avaient fabriqué dans le secret pour l'offrir à leur patron en 1921. Sur cet appareil, il refait la traversée de la Manche une première fois en 1955, pour commémorer le cinquantenaire de l'Entente Cordiale, puis en 1959, pour la commémoration de la 1ère traversée de la Manche par Louis Blériot. C'est avec ce même Blériot XI qu'Edmond Salis, son petit-fils, a de nouveau traversé la Manche le 25 juillet 2009 pour fêter le centenaire de la première traversée de la Manche par Louis Blériot.
Jean-Baptiste était de toute évidence un épicurien qui aimait les fêtes il adorait les copains, raconter, revivre les passions et les grandes aventures, il projetait des idées en partageant des bons repas entre amis, il aimait la vie et travaillait dur. Il ne se souciait pas beaucoup de sa santé et encore moins du cholestérol qui le 10 décembre 1967 lui a coûté ce qu'il aimait le plus : la vie.
*) J’avais très envie de citer J.B. Salis, Cerny et la grande fiesta aérienne qui se tient chaque année les samedi et dimanche de Pentecôte.