Article intéressant, me semble-t-il. Mise en perspective du fameux énième plan d'économies, réduction des coûts...
Y-croient-ils seulement eux-mêmes?, c'est ça le plus grave!
A chacun de se faire son idée...les "maux" que l'on ne veut même pas entendre...vous me faîtes mal, Docteur!
Air France a connu plus de douze plans d'économies en vingt ans
Confronté de manière récurrente à un manque de compétitivité, Air France a enchaîné les programmes mêlant réduction des coûts et hausse de la productivité, comme celui présenté ce jeudi. Mais sans jamais recourir aux licenciements.
Pour les anciens d'Air France -et ils sont nombreux-le nouveau plan d'économies présenté ce jeudi aura forcément quelque chose de déjà -vu. Et pour cause: au cours des vingt dernières années, Air France a connu une bonne douzaine de plans de réduction des coûts, généralement conçus sur trois ans et mêlant des mesures d'économies et d'augmentation de la productivité.
Air France n'est pas la seule compagnie dans ce cas. Toutes les compagnies aériennes sans exception ont connu plusieurs plans comparables. Au point que les plans d'économies font désormais partie du paysage du transport aérien. La seule particularité d'Air France est de n'avoir jamais connu de plan de licenciement. Ce qui n'a pas empêché les effectifs de diminuer de 10% depuis 2007, grâce aux départs naturels et volontaires. Cette spécificité héritée de l'entreprise publique a son corollaire: ses dirigeants ont toujours privilégié les efforts de productivité sur les réductions de coûts, en pariant sur la croissance continue du transport aérien et la position géographiquement privilégiée du «hub» de Roissy-CDG.
Des réussites variables
Ces plans d'économies ont toutefois eu des réussites très variables. En 1993, l'annonce par Bernard Attali d'un nouveau plan d'économies de 5 milliards de francs -le troisième en trois ans-assorti de 4.000 suppressions de postes et d'une baisse des rémunérations, débouche sur le plus grave conflit social qu'ait connu l'entreprise. Le PDG sera le premier à en faire les frais, ancrant ainsi l'idée, chez ses successeurs, que les mots «licenciement» et «baisse de salaires» sont à proscrire chez Air France.
Son successeur Christian Blanc parviendra à faire accepter par référendum 5.000 suppressions de postes sur 3 ans, sans licenciement, ainsi qu'un gel des salaires d'un an, une double échelle des salaires pour les jeunes pilotes et une réorganisation de l'entreprise en «centres des profits», en contrepartie d'un chèque de 20 milliards de francs de l'Etat. Outre le retour aux bénéfice, l'objectif affiché est -déjà -de combler l'écart de rentabilité avec Lufthansa. Mais au départ de Blanc en 1997, Air France reste encore loin derrière son concurrent allemand.
Rythme trop lent
En 1998, c'est au tour de Jean-Cyril Spinetta de s'essayer à la réduction des coûts, dans la perspective de la privatisation partielle d'Air France. sans grand succès. En contrepartie de l'échange salaire contre action, les pilotes obtiennent l'abandon de la double échelle des salaires au sortir d'une longue grève, en pleine Coupe du monde de football.
De 1999 à 2007, l'extension de Roissy-CDG suivi par le rachat de KLM, vont néanmoins permettre de gagner en productivité sans susciter de turbulence sociale. Les plans de réductions des coûts n'en continuent pas de moins de se succéder, tous les 3 ans. Mais en novembre 2007, la grève des hôtesses et stewards, très suivie, prend la direction par surprise et donne la dimension du malaise social montant. Malgré la brutalité de la crise de 2008-2009, il faudra ainsi un an à Air France pour faire accepter un nouveau plan d'économies, assorti d'un plan de départs volontaires de 1.500 postes et du gel des embauches et encore un an supplémentaire pour inaugurer sa première base de province. Un rythme trop lent pour réduire l'écart avec les concurrents et mettre le groupe à l'abri d'une nouvelle crise financière, à l'été 2011.
http://www.lesechos.fr/entreprises-sect ... 274402.php