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Le 24 août dernier, le Belge Peter Thys avait pris la décision de faire revenir l'avion de la compagnie charter turque sur Paris
Peter Thys a du mal à avaler le licenciement dont il a fait l'objet le 25 août dernier. La veille, ce Limbourgeois d'origine, fort d'une expérience de pilote de ligne de 26 ans, décidait de faire revenir son Airbus A 300-B4 sur Paris. C'est de l'aéroport d'Orly que l'appareil de la compagnie charter turque Fly Air avait décollé quelques minutes plus tôt en direction de Djerba, en Tunisie. A son bord, 235 passagers.
Si Peter Thys a décidé de faire demi-tour, c'est parce qu'il avait constaté des avaries techniques. Il s'avérera après enquête de la Direction générale française de l'aviation civile que les pneus de l'Airbus n'étaient pas homologués et que l'appareil présentait une fuite de carburant sur le côté gauche. «Avec 235 passagers à bord, je n'allais tout de même pas prendre de risque», clame Peter Thys qui retournera à Djerba à bord d'un avion vide.
Reste que la volonté de bien faire de Peter n'a pas plu à ses employeurs. «L'incident s'est produit le mercredi 24 août et le 25 août, Fly Air m'appelle pour m'annoncer mon licenciement», nous a expliqué par téléphone le pilote, depuis Djerba.
«J'ai alors insisté pour obtenir un courrier écrit reprenant les griefs dont je faisais l'objet à leurs yeux, ajoute Peter, âgé de 46 ans. J'ai reçu le courrier le 26 août.» Dans le document, le conseil d'administration de Fly Air précise que son pilote n'aurait pas observé les termes de son contrat, les procédures imposées par la compagnie et aurait mis celle-ci dans des difficultés financières.
La mise à pied définitive va même plus loin. Fly Air décide de ne plus payer la chambre de l'hôtel tunisien qu'occupent Peter, sa femme d'origine grecque et ses enfants. «Mes patrons ont également refusé que je prenne un vol vide Fly Air pour Istanbul afin que je puisse obtenir des explications.» Finalement, hier soir, Peter et sa famille parvenaient à monter à bord d'un avion direction Tunis, avant de prendre une correspondance pour Athènes, la ville où résident les Thys. «J'ai tout payé de ma propre poche.»
Avec le recul relatif et la liberté d'expression dont jouit aujourd'hui Peter, celui-ci n'hésite pas à affirmer que son Airbus commençait à dater. «Avec des appareils aussi vieux, on sait très bien qu'il y a toujours des problèmes».
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