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(Québec) Étant donné l'état des corps, ce n'est pas avant aujourd'hui, au plus tôt, que le Bureau du coroner aura identifié chacune des sept victimes de l'écrasement d'avion de mercredi matin, à Québec. Un accident qui soulève de nombreuses interrogations.
«Nous devrons procéder à partir des fiches dentaires pour identifier les victimes. Si nous ne parvenons pas à le faire dans tous les cas, nous devrons faire d'autres expertises», a souligné Geneviève Guilbeault, porte-parole au Bureau du coroner.
Rappelons que mercredi matin, un avion bimoteur de type Beechraft King Air 100 s'est écrasé à 6h03 sur un terrain privé bordant la rue Notre-Dame, à L'Ancienne-Lorette. L'appareil, qui avait pris son envol à 5h58 de la piste 30 de l'aéroport Jean-Lesage, n'a réussi à franchir que deux kilomètres avant de tomber au sol et d'exploser, tuant presque instantanément ses sept occupants.
«J'étais dans la maison lorsque j'ai entendu comme un bruit de moteur bizarre, un genre de toussotement. J'ai entendu l'impact et vu la fumée qui se dégageait», a raconté Denis Guay, qui a appelé le 9-1-1 sans tarder. Maxime Marois dormait lorsqu'il a été soudainement réveillé par une forte déflagration.
«J'ai entendu une grosse explosion, comme si la foudre venait de frapper. Puis j'ai vu une grosse boule de feu», a dit le fils de l'ex-joueur des Nordiques, Mario Marois. L'homme est sorti en trombe pour constater qu'un avion venait de s'écraser quelques mètres derrière sa résidence. «Les arbres étaient enflammés jusqu'à la cime, il n'y avait aucun moyen de s'approcher du feu.»
Michèle Clouet habite juste en face de la maison de Maxime Marois. Elle n'a pas entendu l'avion s'écraser, mais a été réveillée par la fanfare des services d'urgence. «C'est les sirènes qui m'ont réveillées. [...] J'ai vraiment sursauté, parce que c'était impressionnant là ! Quand on voit une dizaine de voitures de police et autant de pompiers, qui arrivent tous au même endroit!» Elle s'est d'abord inquiété pour ses voisins, pensant que la maison avait pris feu. «Ça aurait pu être sur la maison!»
Les pompiers et les ambulanciers sont intervenus rapidement, mais ils n'ont rien pu faire. «Nous avons constaté la mort évidente des personnes qui se trouvaient à l'intérieur», a expliqué le chef pompier Daniel Wagner.
Pilotes expérimentés
Les passagers du vol 201 se rendaient à Sept-Îles pour assister à une réunion d'affaires concernant un projet d'agrandissement de l'école Uauitshitun de la communauté montagnaise de Natashquan. Quelques instants après avoir quitté la piste, le pilote avait déclaré éprouver des ennuis avec le moteur droit et être incapable de prendre de l'altitude. L'avion ne disposait pas de boîte noire.
Le vice-président d'Aéropro, Jacques Paillard, a offert ses condoléances aux familles des disparus, tout en se disant incapable d'expliquer la catastrophe. Il a soutenu que les pilotes à bord étaient expérimentés et que ce type d'avion est conçu pour voler à l'aide d'un seul moteur. L'appareil avait subi un examen de routine il y a moins de deux semaines, a poursuivi le vice-président. «Il faudra ressortir tout son pedigree.»
L'accident d'avion du 23 juin est la pire tragédie aérienne à survenir à Québec depuis qu'un F-27 de la compagnie Québecair s'est écrasé peu après son décollage le 29 mars 1979, entraînant dans la mort 17 personnes.
